Facebook
  • Portail documentaire
  • ABCdaire du particulier
  • L'observatoire des CAUE
  • Ekopolis
CAUE 78 - Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement des Yvelines
Ares et essai au Roxane (Versailles)

13 mai 2011, projection de deux films :
- Portrait d’Ares, film documentaire des CAUE, 1h30. Pour le visionner, contacter le CAUE 78.
- Paul dans sa vie, film de Rémi Mauger, films d’Ici- Fr 3 Normandie, 1h40. Disponible en dvd.

« Tout ce qui passe près de moi me parle », disait le chef Sioux, Sitting Bull. Les gestes de Paul et de ses sœurs disent un peu pareil. Pour le fauchage des prés, la traite des vaches, l’entretien de la batteuse de 1937, la pêche des homards, les mouvements, les outils et les mots, en patois ou consignés dans un journal, ont été ajustés de longue date aux nécessités et aux ressources présentes. En plans rapprochés, le film Paul dans sa vie, suit les regards ourlés de rides et les corps marqués par l’effort. Une pancarte signale la Cogema, comme un hameau parmi d’autres. Paul Bedel, 75 ans, parle de la fin de son activité et de l’embarquement de ses quatre vaches qui suivra inévitablement. Comme tous les « gens de la Hague », il reconnaît avoir trouvé un intérêt économique direct à la présence du « village de béton », même si sa ferme est la prolongation, sans concession à la modernité, de celle léguée par son père.

De la Gironde à la Guyane en passant par le Jura, les horizons de Portraits d’ares sont plus vastes, les étapes tout aussi locales. Le juste emplacement de la ferme à distance du village, mais sans « prendre » tout le sommet de la colline, l’espacement des noyers, amélioré au détriment du rendement, la plantation de menthe entre les piliers d’une serre ou la valorisation de l’esthétique graphique de la vigne disent eux aussi une adaptation qui a demandé du temps, du savoir et de la peine…

« On a vu de belles personnes » dira une spectatrice, entre Portraits et Paul le 13 mai dernier, lorsque les deux films étaient présentés par l’association Culture et Cinéma au Roxane de Versailles, dans le cadre de la semaine Agriculture et Paysage organisée par la Fédération Nationale des CAUE. « Des images superbes » ajoutera le responsable de l’association cinéphile, avant d’engager un débat avec la salle. Captées et montées par des paysagistes, les images de Portrait déchiffrent les continuités et les inflexions des reliefs et signalent des transparences et des filtres vers l’horizon. Parole donnée aux agriculteurs, elles inventorient avec une grande liberté, non pas des paysages de référence, mais des états d’équilibre d’une relation forte entre une activité et le territoire, souvent terroir, qui l’accueille. La richesse des espaces ouverts, expliquera François Adam en présentant le film qu’il a coréalisé avec Michel El Hannachi et Laure Richeloup. Et surtout, l’intérêt du paysage comme liant entre des acteurs très différents, à un moment où les communes donnent volontiers la priorité à des activités créatrices d’emploi et à rentabilité plus immédiate.

Les deux agriculteurs invités par le CAUE évoquent alors leur installation dans la Plaine de Versailles. Ghislaine Picard, relate sa récente reconversion professionnelle pour accompagner son mari, regrouper des parcelles jusque-là trop fragmentées, et développer avec une meilleure qualité de vie une filière courte de production de légumes et aromates, à proximité de la ville et des halles de Rungis. Alexandre Rueche évoque, lui, la reprise d’une exploitation céréalière familiale à laquelle il a adjoint une pension pour chevaux. Bio ou traditionnel ? Alors que la certification environnementale des exploitations affiche une nette progression et qu’un décret vient de préciser les modalités d’élaboration du plan régional de l’agriculture durable (PRAD), la question ne fera pas polémique, pas plus que la façon de répondre à la crise alimentaire mondiale, juste effleurée. Les deux exploitants parlent sans détour de la réalité actuelle de leurs activités, reconnaissent pratiquer une agriculture « très raisonnée » qui limite au maximum ses intrants chimiques. L’accent sera davantage mis sur les difficultés rencontrées par les jeunes agriculteurs désireux de s’installer en agriculture biologique. Malgré l’aide de l’Agence des Espaces Verts de la Région Ile-de-France, investie sur la mobilisation du foncier depuis une vingtaine d’années, il aura fallu trois ans de négociations pour installer un aviculteur sur le plateau de Saclay. Et alors qu’on compte seulement 0,7% d’agriculture bio en Ile de France - la moyenne nationale est de 2% -, le Grenelle 2 affiche soudain un objectif de 20% de produits d’origine bio dans la restauration scolaire d’ici 2012 sans autre précision sur les moyens d’atteindre ces objectifs.

Dans une salle bien remplie (170 personnes), témoin du bon relai assuré par la communauté d’agglomération de Versailles Grand Parc et l’association patrimoniale de la plaine de Versailles et du plateau des Alluets (APPVPA), les échanges se poursuivront avec animation autour d’un buffet de produits locaux. Puis la lumière s’éteignait de nouveau, laissant entrer Paul.

Anne Demerlé-Got


Si vous souhaitez faire une diffusion du film Portraits d’ares : merci de contacter François Adam .

Extraits du film portraits d’ares (©2009 CAUE 77 / CAUE 78 / FNCAUE  )

Toutes les informations sur cette semaine "Agricultures et paysages" sur le site www.fncaue.fr

Les rencontres et débats du CAUE

février 2017
L M M J V S D
30 31 1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 1 2 3 4 5

Ares et essai au Roxane (Versailles)

13 mai 2011, projection de deux films :
- Portrait d’Ares, film documentaire des CAUE, 1h30. Pour le visionner, contacter le CAUE 78.
- Paul dans sa vie, film de Rémi Mauger, films d’Ici- Fr 3 Normandie, 1h40. Disponible en dvd.

« Tout ce qui passe près de moi me parle », disait le chef Sioux, Sitting Bull. Les gestes de Paul et de ses sœurs disent un peu pareil. Pour le fauchage des prés, la traite des vaches, l’entretien de la batteuse de 1937, la pêche des homards, les mouvements, les outils et les mots, en patois ou consignés dans un journal, ont été ajustés de longue date aux nécessités et aux ressources présentes. En plans rapprochés, le film Paul dans sa vie, suit les regards ourlés de rides et les corps marqués par l’effort. Une pancarte signale la Cogema, comme un hameau parmi d’autres. Paul Bedel, 75 ans, parle de la fin de son activité et de l’embarquement de ses quatre vaches qui suivra inévitablement. Comme tous les « gens de la Hague », il reconnaît avoir trouvé un intérêt économique direct à la présence du « village de béton », même si sa ferme est la prolongation, sans concession à la modernité, de celle léguée par son père.

De la Gironde à la Guyane en passant par le Jura, les horizons de Portraits d’ares sont plus vastes, les étapes tout aussi locales. Le juste emplacement de la ferme à distance du village, mais sans « prendre » tout le sommet de la colline, l’espacement des noyers, amélioré au détriment du rendement, la plantation de menthe entre les piliers d’une serre ou la valorisation de l’esthétique graphique de la vigne disent eux aussi une adaptation qui a demandé du temps, du savoir et de la peine…

« On a vu de belles personnes » dira une spectatrice, entre Portraits et Paul le 13 mai dernier, lorsque les deux films étaient présentés par l’association Culture et Cinéma au Roxane de Versailles, dans le cadre de la semaine Agriculture et Paysage organisée par la Fédération Nationale des CAUE. « Des images superbes » ajoutera le responsable de l’association cinéphile, avant d’engager un débat avec la salle. Captées et montées par des paysagistes, les images de Portrait déchiffrent les continuités et les inflexions des reliefs et signalent des transparences et des filtres vers l’horizon. Parole donnée aux agriculteurs, elles inventorient avec une grande liberté, non pas des paysages de référence, mais des états d’équilibre d’une relation forte entre une activité et le territoire, souvent terroir, qui l’accueille. La richesse des espaces ouverts, expliquera François Adam en présentant le film qu’il a coréalisé avec Michel El Hannachi et Laure Richeloup. Et surtout, l’intérêt du paysage comme liant entre des acteurs très différents, à un moment où les communes donnent volontiers la priorité à des activités créatrices d’emploi et à rentabilité plus immédiate.

Les deux agriculteurs invités par le CAUE évoquent alors leur installation dans la Plaine de Versailles. Ghislaine Picard, relate sa récente reconversion professionnelle pour accompagner son mari, regrouper des parcelles jusque-là trop fragmentées, et développer avec une meilleure qualité de vie une filière courte de production de légumes et aromates, à proximité de la ville et des halles de Rungis. Alexandre Rueche évoque, lui, la reprise d’une exploitation céréalière familiale à laquelle il a adjoint une pension pour chevaux. Bio ou traditionnel ? Alors que la certification environnementale des exploitations affiche une nette progression et qu’un décret vient de préciser les modalités d’élaboration du plan régional de l’agriculture durable (PRAD), la question ne fera pas polémique, pas plus que la façon de répondre à la crise alimentaire mondiale, juste effleurée. Les deux exploitants parlent sans détour de la réalité actuelle de leurs activités, reconnaissent pratiquer une agriculture « très raisonnée » qui limite au maximum ses intrants chimiques. L’accent sera davantage mis sur les difficultés rencontrées par les jeunes agriculteurs désireux de s’installer en agriculture biologique. Malgré l’aide de l’Agence des Espaces Verts de la Région Ile-de-France, investie sur la mobilisation du foncier depuis une vingtaine d’années, il aura fallu trois ans de négociations pour installer un aviculteur sur le plateau de Saclay. Et alors qu’on compte seulement 0,7% d’agriculture bio en Ile de France - la moyenne nationale est de 2% -, le Grenelle 2 affiche soudain un objectif de 20% de produits d’origine bio dans la restauration scolaire d’ici 2012 sans autre précision sur les moyens d’atteindre ces objectifs.

Dans une salle bien remplie (170 personnes), témoin du bon relai assuré par la communauté d’agglomération de Versailles Grand Parc et l’association patrimoniale de la plaine de Versailles et du plateau des Alluets (APPVPA), les échanges se poursuivront avec animation autour d’un buffet de produits locaux. Puis la lumière s’éteignait de nouveau, laissant entrer Paul.

Anne Demerlé-Got


Si vous souhaitez faire une diffusion du film Portraits d’ares : merci de contacter François Adam .

Extraits du film portraits d’ares (©2009 CAUE 77 / CAUE 78 / FNCAUE  )

Toutes les informations sur cette semaine "Agricultures et paysages" sur le site www.fncaue.fr

MENTIONS LÉGALES NOUS CONTACTER LEXIQUE PLAN DU SITE FLUX RSS Extranet Facebook
CAUE 78 Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement des Yvelines
3 rue de Fontenay 78000 Versailles - T: 01 39 07 75 17