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CAUE 78 - Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement des Yvelines
17/10/06. Architecture bioclimatique

L’architecture bioclimatique - Principes et enjeux, références, outils pour les Yvelines, conférence-débat avec Elisabeth Rojat-Lefebvre, directrice du CAUE 78, et Didier Renard, architecte conseiller au CAUE 78.

Architecture bioclimatique, architecture écologique, architecture solaire, architecture durable : des appellations qui sont apparues successivement mais portent toutes des principes visant à concevoir des projets respectueux de l’environnement. L’architecture bioclimatique n’est pas une nouveauté dans l’histoire. La plupart des principes environnementaux préconisés de nos jours ont été expérimentés par différents mouvements architecturaux depuis la révolution industrielle. Aujourd’hui, les expérimentations se multiplient, le développement durable est devenu une priorité des concepteurs et des maîtres d’ouvrage. Quels enseignements tirer de ces réalisations pour concevoir la ville de demain ?


Elisabeth Rojat-Lefebvre fait un rapide historique : il existe aujourd’hui une conscience très forte des enjeux climatiques, mais l’ampleur de la conscience écologique dans l’architecture n’est pas nouvelle. Les liens entre nature, culture et industrie pour le bien-être de l’homme sont lisibles depuis longtemps :
- en Angleterre dès le début du XIXème siècle, pour s’opposer à l’ère industrielle et aux conditions de vie très difficiles en ville, les cités-jardins proposent un nouveau concept de villes à la campagne. Le quartier de la Butte Rouge à Châtenay-Malabry (1919-1931), par exemple, en reprend les principes.
- l’architecte Charles Rennie MacKintosh (1869-1928) étudie l’architecture vernaculaire écossaise qu’il réinterprète dans son architecture, mélange harmonieux de technologie et de tradition, en vue de lutter contre le climat rigoureux.
- en Finlande, dans un pays couvert aux deux tiers par la forêt, la sensibilité écologique et la conscience environnementale sont anciennes et très fortes. Alvar Aalto le démontre dans les bâtiments qu’il dessine. À Bazoches (78), où est bâtie la seule maison qu’il ait construite en France, le site boisé fait totalement partie de la construction.
- architecte, urbaniste et théoricien, Le Corbusier a expérimenté de nouvelles formes d’habiter dans lesquelles le soleil avait une place prépondérante : utilisation de brise-soleil, de façades épaisses, de la fenêtre en longueur mais aussi de toitures végétalisées contribuant à l’amélioration des usages : un jardin sur le toit ou des performances thermiques de la maison ..., comme dans la maison Jaoul (1952-1965).
- Hassan Fathy (1900-1989) en Egypte a étudié les formes du bâti traditionnel pour en comprendre l’efficacité bioclimatique sans système mécanique. Il a utilisé ces techniques ancestrales dans son architecture et a relancé la fabrication de briques de terre crue traditionnelle, délaissées au profit du parpaing.


Didier Renard propose quelques repères sur les appellations associées à l’architecture bioclimatique puis présente un panorama de quartiers durables en France et en Europe.
- Si la notion d’architecture « bioclimatique » est relativement bien définie comme étant l’adéquation entre un projet d’habitat et le site dans lequel il s’inscrit, elle tient une part de ses origines dans la construction vernaculaire. Avec le développement des mouvements environnementalistes de la fin des années 60, ce terme est supplanté par celui d’architecture « écologique ». Il sera lui-même vite remplacé par l’architecture « solaire » en réponse à la première crise pétrolière en 1974 où les solutions architecturales étaient essentiellement solaires. Puis le rapport Brundtland avance le concept de développement durable, moins ambigu, et l’architecture devient « durable ». Enfin, on parle beaucoup aujourd‘hui d’architecture « HQE   ». Mais une architecture n’est pas « HQE   », c’est la démarche mise en œuvre qui l’est. Cette démarche est basée sur un ensemble de choix a minima de cibles retenues parmi 14 cibles regroupées en 4 grands thèmes : éco-construction, éco-gestion, confort, et santé. Cette démarche, si elle n’impose pas de garantie de résultat, a le mérite d’inciter les différents intervenants, maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre, bureaux d’étude et entreprises, à rechercher ensemble les solutions les plus pertinentes sur des bases communes.

Les projets d’architecture sont de plus en plus conçus avec une démarche environnementale. Mais ce n’est pas la seule échelle pour intervenir : le quartier, la ville, l’agglomération sont des échelles d’action pertinentes, nécessaires et complémentaires pour construire une vraie politique de développement durable.

Depuis déjà plus de dix ans, plusieurs villes en Europe ont conçu des quartiers durables, plus respectueux des écosystèmes et des relations de l’homme à son espace de vie, mais dans des contextes tous différents et avec des réponses adaptées. Les quartiers Vauban à Fribourg-en-Brisgau et Kronsberg à Hanovre (Allemagne), Bedzed à Sutton (Angleterre), Hammarby Sjôstad à Stockholm (Suède) et le quartier Vesterbro à Copenhague (Danemark) nous invitent à constater que de nouvelles solutions existent en matière de transports, d’énergie, de gestion de l’eau, de conception et construction des bâtiments. L’objectif n’est pas de les reproduire « tel quel » dans un contexte différent, mais d’en comprendre les processus, les moyens et les compétences mises en œuvre qui ont permis de créer une réelle dynamique entre les paramètres techniques, économiques, sociaux et culturels.


Débat
- Faut-il distinguer les matériaux écologiques des matériaux « classiques » ? Ne devrions-nous pas parler simplement de « matériaux » adaptés ou non à l’usage qu’on en fait ? La conscience écologique croissante des acteurs de la construction induit une demande d’information comparée sur les caractéristiques des matériaux : limite des gisements de matières premières, énergie grise nécessaire à la fabrication, usage pertinent, durée de vie, évolution dans le temps, entretien. Malgré des caractéristiques et comportements intéressants, beaucoup de matériaux écologiques ne disposent pas encore d’avis technique (AT), préalables à l’engagement d’un assureur. Les architectes sont parfois contraints de ne pas pouvoir les prescrire. Ils aspirent à développer des liens avec les industriels pour faire évoluer les solutions techniques et les mettre à profit dans leurs projets.

Nous notons avec intérêt que le premier magasin de matériaux écologiques dans les Yvelines, Escale bio, vient d’ouvrir à Houdan.


- Programme : (pdf, 121,7 ko)
- Bibliographie : (pdf, 18 ko)

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17/10/06. Architecture bioclimatique

L’architecture bioclimatique - Principes et enjeux, références, outils pour les Yvelines, conférence-débat avec Elisabeth Rojat-Lefebvre, directrice du CAUE 78, et Didier Renard, architecte conseiller au CAUE 78.

Architecture bioclimatique, architecture écologique, architecture solaire, architecture durable : des appellations qui sont apparues successivement mais portent toutes des principes visant à concevoir des projets respectueux de l’environnement. L’architecture bioclimatique n’est pas une nouveauté dans l’histoire. La plupart des principes environnementaux préconisés de nos jours ont été expérimentés par différents mouvements architecturaux depuis la révolution industrielle. Aujourd’hui, les expérimentations se multiplient, le développement durable est devenu une priorité des concepteurs et des maîtres d’ouvrage. Quels enseignements tirer de ces réalisations pour concevoir la ville de demain ?


Elisabeth Rojat-Lefebvre fait un rapide historique : il existe aujourd’hui une conscience très forte des enjeux climatiques, mais l’ampleur de la conscience écologique dans l’architecture n’est pas nouvelle. Les liens entre nature, culture et industrie pour le bien-être de l’homme sont lisibles depuis longtemps :
- en Angleterre dès le début du XIXème siècle, pour s’opposer à l’ère industrielle et aux conditions de vie très difficiles en ville, les cités-jardins proposent un nouveau concept de villes à la campagne. Le quartier de la Butte Rouge à Châtenay-Malabry (1919-1931), par exemple, en reprend les principes.
- l’architecte Charles Rennie MacKintosh (1869-1928) étudie l’architecture vernaculaire écossaise qu’il réinterprète dans son architecture, mélange harmonieux de technologie et de tradition, en vue de lutter contre le climat rigoureux.
- en Finlande, dans un pays couvert aux deux tiers par la forêt, la sensibilité écologique et la conscience environnementale sont anciennes et très fortes. Alvar Aalto le démontre dans les bâtiments qu’il dessine. À Bazoches (78), où est bâtie la seule maison qu’il ait construite en France, le site boisé fait totalement partie de la construction.
- architecte, urbaniste et théoricien, Le Corbusier a expérimenté de nouvelles formes d’habiter dans lesquelles le soleil avait une place prépondérante : utilisation de brise-soleil, de façades épaisses, de la fenêtre en longueur mais aussi de toitures végétalisées contribuant à l’amélioration des usages : un jardin sur le toit ou des performances thermiques de la maison ..., comme dans la maison Jaoul (1952-1965).
- Hassan Fathy (1900-1989) en Egypte a étudié les formes du bâti traditionnel pour en comprendre l’efficacité bioclimatique sans système mécanique. Il a utilisé ces techniques ancestrales dans son architecture et a relancé la fabrication de briques de terre crue traditionnelle, délaissées au profit du parpaing.


Didier Renard propose quelques repères sur les appellations associées à l’architecture bioclimatique puis présente un panorama de quartiers durables en France et en Europe.
- Si la notion d’architecture « bioclimatique » est relativement bien définie comme étant l’adéquation entre un projet d’habitat et le site dans lequel il s’inscrit, elle tient une part de ses origines dans la construction vernaculaire. Avec le développement des mouvements environnementalistes de la fin des années 60, ce terme est supplanté par celui d’architecture « écologique ». Il sera lui-même vite remplacé par l’architecture « solaire » en réponse à la première crise pétrolière en 1974 où les solutions architecturales étaient essentiellement solaires. Puis le rapport Brundtland avance le concept de développement durable, moins ambigu, et l’architecture devient « durable ». Enfin, on parle beaucoup aujourd‘hui d’architecture « HQE   ». Mais une architecture n’est pas « HQE   », c’est la démarche mise en œuvre qui l’est. Cette démarche est basée sur un ensemble de choix a minima de cibles retenues parmi 14 cibles regroupées en 4 grands thèmes : éco-construction, éco-gestion, confort, et santé. Cette démarche, si elle n’impose pas de garantie de résultat, a le mérite d’inciter les différents intervenants, maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre, bureaux d’étude et entreprises, à rechercher ensemble les solutions les plus pertinentes sur des bases communes.

Les projets d’architecture sont de plus en plus conçus avec une démarche environnementale. Mais ce n’est pas la seule échelle pour intervenir : le quartier, la ville, l’agglomération sont des échelles d’action pertinentes, nécessaires et complémentaires pour construire une vraie politique de développement durable.

Depuis déjà plus de dix ans, plusieurs villes en Europe ont conçu des quartiers durables, plus respectueux des écosystèmes et des relations de l’homme à son espace de vie, mais dans des contextes tous différents et avec des réponses adaptées. Les quartiers Vauban à Fribourg-en-Brisgau et Kronsberg à Hanovre (Allemagne), Bedzed à Sutton (Angleterre), Hammarby Sjôstad à Stockholm (Suède) et le quartier Vesterbro à Copenhague (Danemark) nous invitent à constater que de nouvelles solutions existent en matière de transports, d’énergie, de gestion de l’eau, de conception et construction des bâtiments. L’objectif n’est pas de les reproduire « tel quel » dans un contexte différent, mais d’en comprendre les processus, les moyens et les compétences mises en œuvre qui ont permis de créer une réelle dynamique entre les paramètres techniques, économiques, sociaux et culturels.


Débat
- Faut-il distinguer les matériaux écologiques des matériaux « classiques » ? Ne devrions-nous pas parler simplement de « matériaux » adaptés ou non à l’usage qu’on en fait ? La conscience écologique croissante des acteurs de la construction induit une demande d’information comparée sur les caractéristiques des matériaux : limite des gisements de matières premières, énergie grise nécessaire à la fabrication, usage pertinent, durée de vie, évolution dans le temps, entretien. Malgré des caractéristiques et comportements intéressants, beaucoup de matériaux écologiques ne disposent pas encore d’avis technique (AT), préalables à l’engagement d’un assureur. Les architectes sont parfois contraints de ne pas pouvoir les prescrire. Ils aspirent à développer des liens avec les industriels pour faire évoluer les solutions techniques et les mettre à profit dans leurs projets.

Nous notons avec intérêt que le premier magasin de matériaux écologiques dans les Yvelines, Escale bio, vient d’ouvrir à Houdan.


- Programme : (pdf, 121,7 ko)
- Bibliographie : (pdf, 18 ko)

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